L’approche d’un grand moment
Nous sommes déjà le 22 février.
La date approche à grands pas… et je sens chaque jour un peu plus l’intensité de ce qui s’en vient.
Voici quelques précisions qu’on m’a demandé d’élaborer dernièrement — à la fois sur la technique utilisée et sur mon vécu émotionnel.
La méthode Ilizarov
L’opération d’allongement de l’os que je vais subir repose sur la méthode Ilizarov, pratiquée depuis plusieurs décennies en chirurgie orthopédique.
Cette technique sert à corriger des déformations osseuses présentes à la naissance, à réparer des fractures complexes ou ouvertes, et même — dans certains cas — à allonger les os pour des raisons esthétiques, sans grands risques connus.
Depuis aussi longtemps que je me souvienne (et ça ne me rajeunit pas), j’ai espéré une telle avancée. Mais on me l’a toujours refusée, en raison de la courte longueur de mon os tibial. Trop court, disait-on.
Dans mon cas, les embûches sont nombreuses. Être amputé depuis plus de 40 ans, avec seulement quelques centimètres d’os résiduel, ajoute une couche de complexité et de risques inédits à cette opération.
Lorsqu’on traite une jambe existante, l’os, les tissus, les muscles sont encore là. Mais chez moi, le membre n’existe plus. C’est donc un défi chirurgical très particulier.
Il faut comprendre qu’un os ne guérit pas tout seul. Il a besoin de tension, de mouvement et de charge pour se régénérer. C’est pourquoi, après l’installation du fixateur externe, une prothèse avec un pied sera fixée à l’appareil, me permettant de transférer du poids dessus.
Dit simplement : la pression crée la guérison. Cette tension mécanique stimule la production osseuse — c’est la magie de notre corps, une merveille biologique.
Mais tout cela devra être fait en plusieurs phases, pour observer comment l’os réagit, comment la peau et les tissus s’adaptent. Je partagerai quelques photos du processus, en vous avertissant à l’avance, pour ceux qui préfèrent éviter les images plus explicites.
Le côté invisible : les montagnes russes intérieures
Sur le plan émotionnel, c’est une autre affaire.
Chaque jour, je vis une montagne russe d’émotions. Un matin, je suis gonflé à bloc et j’aimerais qu’on soit déjà à la date de l’opération. Le lendemain, j’ai envie d’annuler tout ça et de continuer ma vie comme elle est, avec mes douleurs, mais sans ce grand bouleversement.
Je crois que c’est humain.
J’ai connu beaucoup d’interventions. Cet accident a été, malgré moi, le centre de ma vie. En moyenne, j’ai subi une opération tous les cinq ans. Et chaque fois, ce fut une traversée. Ma famille, mes études, mes amitiés, mon travail, mes amours — tout a été impacté.
Aujourd’hui, à 53 ans, j’ai la mèche plus courte. Je veux la paix. Je veux tourner la page. Mais je veux le faire en marchant mieux, avec moins de douleur.
J’ai appris énormément de la douleur. Si elle était une matière scolaire, je détiendrais sans doute une maîtrise avec mention d’honneur…
Mais plus sérieusement : cette opération, c’est la dernière ligne droite. Ma « dernière opération officielle », si tout se passe bien. Après ça, je veux prendre ma retraite de la douleur.
Pourquoi je vous en parle
Je partage tout ça avec vous d’abord pour m’aider moi-même. On néglige souvent la puissance des énergies de groupe, mais moi, je les ressens pleinement. Vos mots me réconfortent. Vos messages me motivent. Vos partages me nourrissent. Merci.
En tant qu’artiste — musicien, peintre, auteur — j’ai besoin de ce lien avec vous.
On ne crée pas pour garder nos œuvres dans un sous-sol. On crée pour être entendus, vus, lus… partagés.
Comme je l’écris dans une de mes chansons : on grandit ensemble. Je n’ai rien à cacher, tout à gagner. Et si, par mon expérience, je peux inspirer un autre amputé à explorer cette voie… ce sera un pas de plus vers le mieux-être collectif.
Nous sommes quelques-uns à oser les premiers pas, mais nous ne serons pas les derniers.
Merci pour vos commentaires, vos encouragements, vos confidences.
Merci d’être là.
On se retrouve très bientôt pour la suite…

Quel grand défi personnel à relever qui demande beaucoup de confiance, de détermination et surtout du courage.
Alain , tu as tout ça et c’est gagnant!
Lâches pas! 😊
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Merci beaucoup pour tes mots, oui, un grand défi que j’accepte maintenant de relevé 😀
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Chaque épreuve nous font grandir et tu as beaucoup de courage et de force en toi, cette journée j’aurai une pensée pour toi lâche pas le plus beau est à venir 🌺😘
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Merci beaucoup Ginette, c’est gentil, bisous xx 😘
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Bonjour Alain
Bon courage à toi,la personne que tu es à déjà traversé beaucoup d’épreuves,tu es beau extérieurement mais à l’intérieur se loge une immense bonté tu es un homme de grande valeur tu va passer au travers de cette épreuve Martin est là pour t’appuier et te soutenir
Je t’envoie plein de positif mon Ami
Câlin ,Gilles
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C’est trop gentil Gilles, c’est vrai que je suis bien entouré, je prends ton positif hihi 🙂 Gros câlin mon ami xx
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