Mon libérateur

Mon fleuve

Je vous propose ici une suite qui délivre du tourment.

L’enfant blessé, affligé par l’adulte, s’est accroché à ce qu’il pouvait au cœur de la tourmente. Et c’est la nature qui est devenue sa bouée. Il s’est blotti dans ses bras, elle l’a bercé, écouté. Il lui a tout confié : ses peurs, ses craintes, ses tortures, ses infortunes.
Elle l’a apaisé, vague après vague, jusqu’à laver doucement ses épreuves.


Nous sommes en juillet. Il est 9 h du matin. Je sors du lit, j’ouvre les rideaux…
Il fait beau aujourd’hui. Mon cœur est sensible, un peu méditatif. Je ressens l’urgence de retrouver mon confesseur de vie.

Rien ne m’apaise autant que lui. Sa fraîcheur, sa beauté, sa présence constante.
Entre lui et moi, il y a une communion intense. Alors, sans tarder, je me mets en route.


Je m’appuie sur mes béquilles, je marche vers lui. Le soleil frappe déjà mes yeux de ses rayons brûlants. Il réchauffe mes bras en quelques secondes. Le vent est discret, tout est calme. Et moi aussi.

Les oiseaux chantent. Leurs mélodies m’enveloppent. Savez-vous que le chant des oiseaux harmonise notre énergie, comme un accordeur le ferait pour un instrument ?
Merveilleux, n’est-ce pas ?


Et puis, je l’aperçois.

Lui.
Le fleuve Saint-Laurent.

Je m’en approche. Comme chaque fois, je me sens plus serein, plus fort.
Je retire mes béquilles pour descendre doucement la pente rocailleuse. Dix pieds de pierres me séparent encore de lui. Je m’y engage à genoux, prudemment.

En bas, je reprends mes appuis et je vais à sa rencontre. Il est là. Fidèle. Grandiose.
Je m’assois à ses pieds et je lui confie le mien.


Cette rencontre était presque quotidienne. Je sentais ce besoin viscéral de libérer mes mauvaises énergies. Un geste instinctif, peut-être guidé par l’enfant blessé en moi.

Ce fleuve — ce majestueux Saint-Laurent, l’un des plus vastes du monde —
était devenu mon libérateur.


Malgré mes tempêtes, il a toujours compris mes peurs. Il m’a consolé avec le clapotis de ses vagues. Son eau, fraîche sur mon petit pied d’enfant, était comme une main tendue.

À marée haute, je lui racontais mes douleurs. Et à marée basse, il les emportait.

Il connaît des choses que personne ne saura jamais. Des confidences d’enfance murmurées au fil de l’eau. Et je l’aime pour ça.

Un jour, j’irai me rasseoir auprès de lui,
et je lui dirai simplement :

« Merci. »

Merci pour ma guérison.
Merci pour cet état d’âme apaisé que je porte aujourd’hui.


Le rythme de ses vagues battait à l’unisson avec mon cœur. Il avait connu des tempêtes, lui aussi. Et pourtant, il s’était relevé, encore et encore.

C’est ce qui m’a permis de lui faire confiance. Nous étions, d’une certaine façon, sur la même fréquence.


Lorsqu’un souvenir déclenche une émotion puissante, il est bon de s’interroger.
Pourquoi cette frénésie, cette charge ? Si on ne l’apaise pas, le temps risque d’alourdir nos mémoires.

Mais vivre au jour le jour,
c’est alléger ce poids, c’est pacifier le passé.


Une des grandes forces de l’être humain, c’est la résilience.
Le lâcher-prise.

Il est essentiel de reconnaître ce lien invisible, mais profond, qui nous unit à nos expériences. C’est pourquoi il faut parler. Partager. Sans peur d’être jugé.


Dans la vie, il faut savoir dénouer les nœuds.
Ceux qui enferment la douleur, qui bloquent l’énergie.

Et pour ça, il faut s’écouter. S’autoriser le pardon. Se reconnaître. Se libérer.


Je crois que chacun de nous a un fleuve en soi.
Un lieu, une présence, un repère qui nous a aidés à nous relever.
Il peut prendre bien des formes.
Mais il existe.

Et vous, dites-moi… Quel a été le vôtre ?

4 réflexions au sujet de “Mon libérateur”

  1. Wow très beau ce que tu ecrie moi ces qui me libère ces regarder le ciel et les etoile les nuage ces ce qui me calme mes j aime bien lire ce que tu ecrie tu es un grand sage

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  2. Bravo, un retour à l écriture….
    J espère lire plus sur ton histoire ou vécu..
    Partage avec les gens sur le web ou écrit un livre pour les moins techno….
    Merci…

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