11 mars – Retour à la maison
Je suis de retour à la maison. La chirurgie s’est bien déroulée.
Le matin de l’intervention, je suis arrivé à l’hôpital à 5 h 45, comme demandé. Une fébrilité raisonnable m’habitait, mais rien d’écrasant. Disons que je suis en terrain connu — ce n’est pas mon premier BBQ, comme dirait un très bon ami.
On m’informe que je passerai en salle d’opération à 7 h 30. Parfait : peu d’attente. Après avoir enfilé ma jaquette et salué mon amoureux, je pars sur la civière vers le grand couloir froid menant au bloc opératoire.
Je porte mon masque, un petit bonnet sur la tête… nu sous ma jaquette. Dans ce moment, on ne se sent pas bien grand. On est vulnérable, réduit à l’essentiel.
Mais ce dépouillement m’aide à recentrer mes pensées. Je visualise une belle réussite, je canalise mon énergie.
L’anesthésiste s’approche, chaleureux et rassurant. Il se présente comme « celui qui va m’emmener faire un beau voyage ». Il détend l’atmosphère — j’aime ça.
Mon chirurgien arrive, fidèle à lui-même : rayonnant, enthousiaste. Il semble heureux de pouvoir enfin procéder. C’est rassurant.
Puis, le moment arrive. Mon conscient s’efface doucement, laissant place à mes rêves.
Je me réveille sous une grande couverture bleue. Aucune douleur pour l’instant. Je gigote un peu, un infirmier me remarque et m’annonce que tout s’est bien passé.
Peu après, je suis en salle de réveil. L’infirmière prend mes signes vitaux et évalue ma douleur.
Je jette un coup d’œil à ma jambe. Trois grands anneaux l’enserrent. De gros bandages élastiques masquent le reste. Il faudra attendre pour voir ce qu’ils ont fait exactement.
Quelques heures plus tard, on m’installe dans ma chambre. La douleur est tolérable avec les calmants. Deux membres de l’équipe viennent me confirmer le succès de l’intervention. Le chirurgien passera demain pour les détails.
Je suis sous Tylenol et narcotiques pour le confort.
Le lendemain matin, mon chirurgien arrive… avec une clé plate à fourche. Tout sourire, il m’explique comment procéder à l’allongement : 0,25 mm à quatre reprises par jour, sur les quatre vis de l’appareil.
Des suivis hebdomadaires permettront de surveiller les ajustements et prévenir tout risque.
Les deux premières nuits ont été difficiles. Douleurs intenses, impossible de trouver une position confortable. Je me concentre sur la douleur, je l’accueille, je l’écoute.
Le matin suivant, je me sens un peu mieux. C’est le jour de ma sortie. Peut-être est-ce pour ça que le moral remonte, malgré tout.
On me prépare : prescriptions envoyées, médication prête, appel au CLSC fait.
Mon conjoint vient me chercher. Il m’installe avec oreiller et couverture. Je m’endors rapidement et me réveille presque arrivé. La douleur est tolérable. Ensemble, nous ressentons le poids d’un grand devoir accompli.
Le soir venu, après mes médicaments, je m’endors rapidement.
Le lendemain matin, l’appel du CLSC me réveille : l’infirmière passera dans la journée.
Je déjeune, prends mes cachets, puis prends une décision : je cesse les narcotiques.
J’en suis heureux.
Ayant traversé plusieurs opérations, j’ai connu la narco-dépendance. Ces médicaments qui soulagent la douleur physique, mais anesthésient aussi le cœur et l’esprit.
Après trois sevrages, je sais que je suis vulnérable. Je veux me protéger.
Mon médecin de famille est au courant. Une pharmacienne spécialisée m’a contacté avant l’opération pour mettre un plan en place.
Résultat : j’en aurai pris seulement deux jours. Pas de sevrage à redouter cette fois. Une victoire importante.
Je dois maintenant attendre dix jours, jusqu’au 16 mars, avant de commencer l’allongement de l’os. Je vous tiendrai au courant du processus — qui durera plusieurs semaines, voire des mois.
En attendant, je vais bien. J’apaise mes douleurs avec l’écriture, la musique, la peinture. Je m’entoure de ce que j’aime, et de ceux que j’aime.



Les deux premières tiges avec capuchon rouge sont fixées dans l’os du fémur. Deux autres dans le genou pour l’empêcher de bouger. Deux sont dans l’os du haut tibia et les deux autres, sont attachées dans le bout du tibia. Celui-ci a été sectionné pour son allongement. Alors 8 tiges en tout, ont été fixées à mes os et sont reliées aux anneaux externes.
Description :

Salut l’ami !
Quel soulagement de te voir de retour chez toi après cette opération ! Ton récit détaillé m’a vraiment fait ressentir toute l’atmosphère de la journée, de l’excitation pré-opération à la satisfaction post-opération. C’est génial de voir à quel point tu gardes le moral et que tout s’est déroulé comme prévu.
J’ai adoré l’anecdote sur l’anesthésiste et sa remarque sur le « beau voyage » – ça a dû détendre l’atmosphère. Et ton chirurgien tout souriant, ça inspire vraiment confiance ! Merci de partager ces moments avec nous.
Je te félicite pour ta décision de limiter l’usage des narcotiques, c’est un pas important, et je suis sûr que tu as pris la meilleure décision pour toi. Prends bien soin de toi, utilise ton écriture, la musique, et la peinture pour te relaxer, et continue à te concentrer sur ce que tu aimes.
Hâte de suivre tes progrès au cours des semaines à venir. Mes amitiés à vous deux et bon courage pour la suite !
Rumjacks
nota bene : C’est étrange je remarque dans tes mots et ta façons de travailler mentalement sur ta douleur, des techniques qui me sont pas inconnu, comme « l’analgésie hypnotique » qui est un état de relaxation profonde et de concentration mentale, ce qui peut contribuer à réduire la perception de la douleur.
J’aimeJ’aime
Salut!
Encore merci pour tes mots. La semaine a été ardue, mais je reste positif et motivé. Je n’ai pas encore écrit la suite, mais ça viendra. J’attends que mon positionnement assis soit plus facile. Ensuite je vous raconterai ce qui va suivre. 😀
Bon samedi !
J’aimeJ’aime