Temps aux brisures d’enfance dernière partie,

Le chemin des masques

Être authentique, c’est laisser tomber les masques. J’ai pourtant prôné cette valeur toute ma vie, alors même que je trahissais son sens profond, en arborant une imitation presque convaincante. Un sacrilège savamment entretenu par mes peurs les plus anciennes.

J’ai mis de côté ma créativité. Elle s’est éteinte, engloutie dans les profondeurs de pensées que j’offrais en pâture aux parties les plus malveillantes de mon inconscient. Mais ces derniers temps, j’ai senti renaître quelque chose. Une lumière. Une présence. J’ai donné naissance à ma véritable existence.

Merci de me lire, cher lecteur. Vous nourrissez en moi l’envie d’écrire chaque jour davantage. Voici donc le texte qui clôturera le récit de ces temps marqués par les brisures de mon enfance.


Le chemin des masques

Une vie d’épreuves n’est pas un malheur en soi.
Un accident, en 1981, m’a arraché une jambe… mais il ne m’a pas arraché le cœur.

Ces drames que l’on traverse, ces chocs, ces douleurs, ne sont pas là pour nous punir. Ils nous façonnent. Aujourd’hui, je suis forgé par mes cicatrices. Elles m’habitent, certes, mais elles me portent aussi. Mon respect pour l’être humain est total. La souffrance, je le crois, ouvre des portes cachées vers les lois fondamentales de la vie. Elle m’a offert un don inestimable : la sensibilité. Et ce don, je le partage volontiers avec tous ceux qui le souhaitent. C’est un rendez-vous.


Pour masquer ma honte, ma peine, ma fragilité, j’ai créé des masques.
Chacun d’eux a été forgé dans mes forces cachées. Mais pour y parvenir, j’ai dû m’abandonner. Baisser la tête. Fuir mon âme en ruine. Déserter mon enfance blessée pour revêtir le mensonge.

Mon être avait été fracturé, souillé, brisé jusque dans ses fondations les plus intimes. Alors j’ai dissimulé mon cœur sous un voile d’acteur. Mes masques étaient si bien conçus qu’ils sont devenus invisibles, même pour moi. Je les portais avec l’aisance d’un comédien chevronné, croyant donner à voir une joie réelle.

Et puis il y a eu ce sourire. Celui qui a tout absorbé. Celui qui camouflait les pires douleurs. Celui qui est devenu le masque étoile, vedette de mon existence.


Pendant des années, j’ai traversé des tempêtes. Des sevrages violents. Des hospitalisations multiples. Des infections, des douleurs, des rechutes. J’ai travaillé fort. J’ai pratiqué des métiers exigeants, des sports que mon corps aurait préféré éviter.

Mais j’ai trouvé un refuge. Un équilibre dans la musique, dans l’écriture. Les airs mélodieux qui portaient mes textes m’ont protégé, soutenu, soigné. Grâce à eux, je suis resté debout, même dans le chaos.


Aujourd’hui, j’ai la liberté de sourire, de rire, de pleurer. Je suis habité par un sentiment d’accomplissement. Je pourrais m’asseoir sur la tristesse de mon passé. Mais j’ai plutôt choisi d’en faire une fondation pour bâtir mon avenir.

J’ai appris, durement, qu’il faut connaître et estimer ses limites. L’harmonie est la clé de toute plénitude. Mon énergie, on la dit contagieuse. Elle surprend, parfois même déroute.

Beaucoup de gens se contentent d’une vie sans vie, par peur de changer. Peur d’affronter les vagues. Peur de décevoir ceux qu’ils aiment. Mais se choisir, c’est ça le vrai courage. Se respecter, c’est parfois dire non, c’est poser des limites, même au prix de certaines pertes.


Aujourd’hui, je me suis promis fidélité. Je me suis vu. Tel que je suis. Avec mes fautes, mes blessures, mes failles. Mais surtout avec mes compréhensions, ma lucidité, mes élans sincères.

Je suis en route vers une vie plus transparente. Une vie guidée par l’intuition et l’amour.

Mon respect de moi-même, aujourd’hui, agit comme une protection.
Une tutelle douce qui m’éloigne de l’extrémiste silencieux que j’ai longtemps porté.
Je croyais être à l’abri dans ma posture d’anticonformiste.
Mais j’ai compris que, sans discipline, cette posture aurait fini par me détruire.

Se respecter, c’est d’abord s’imposer un protocole.


Aujourd’hui, j’écris un livre. Un vrai. Vous me l’avez inspiré, soufflé à l’oreille par votre écoute bienveillante. Ces six chapitres, témoins d’une vie humblement livrée, m’ont permis de renaître. Un second parcours s’amorce ici.

Je n’avais aucune attente. Et pourtant, j’ai beaucoup appris.
Votre complicité m’a sensibilisé. Elle m’a offert une maturité nouvelle.
Une présence à moi-même.

Depuis quelques années, j’écris sur les thèmes qui ont marqué ma vie.
Je suis impatient de vous partager les outils qui m’ont permis d’atteindre, en moi, des sommets insoupçonnés.


Je suis inconditionnel à la vie. Je carbure à l’amour. On me dit intense. C’est vrai.
Mes intérêts sont multiples. Mon esprit, ouvert. Je ne juge pas. Je ne rejette pas.
J’aime l’humain. Dans toutes ses déclinaisons.

Je pardonne ses travers, car nous sommes tous en mouvement.
Tous en quête d’une chose : grandir et devenir meilleur.


Élucider sa vie, ce n’est pas banal.
C’est entendre, dans le tumulte des chagrins, l’écho d’un lendemain plus doux.

Je vous invite, à votre tour, à prendre un crayon.
À poser des mots sur vos blessures.
À apprivoiser vos silences.

Écrire, c’est parfois conjurer l’impossible.
C’est respirer autrement.


Avec amour,
Alain

Avec amour…

N’hésitez pas à m’écrire en privé si vous préférez, à alainayers@hotmail.com

Laisser un commentaire