Le temps file à une vitesse presque insolente, comme si ma vie d’après m’attendait déjà, impatiente, accélérant les secondes pour que je la rejoigne au plus vite.
Oui, bien sûr que j’ai hâte d’être debout. Mais j’ai aussi ce désir profond de savourer cet entre-deux, cet interlude suspendu entre moi et mon avenir. Pourquoi ? Parce que je suis épuisé. Fatigué. J’ai besoin d’un arrêt, d’un vrai, entre deux élans.
Mon objectif est enfin devant moi. Là. Presque tangible. Je pourrais tendre le bras et le saisir. Pourtant, je le retire volontairement. J’attends. Je patiente. Oui, pour que ma jambe guérisse, mais surtout pour que mon esprit le fasse aussi. Ma tête réclame une pause.
À l’intérieur, ce n’est pas encore le calme. C’est un océan qui se remet d’une tempête, des vagues encore présentes, mais moins violentes. Un esprit qui sort d’une grande montagne russe et qui cherche lentement son équilibre.
C’est exactement mon état actuel.
Aujourd’hui, je m’autorise cette pause. Je cherche le silence, j’essaie, tant bien que mal, de ralentir la cadence. Je sais qu’elle a été intense. Trop, parfois.
2026 est à nos portes. Ces dernières années ont été extraordinaires sur le plan personnel. J’ai appris, désappris. Je me suis construit, déconstruit. Surtout, je suis allé à la rencontre de moi-même. Du vrai moi. Celui qui a peur, qui doute, qui crie de douleur. Celui qui se cachait derrière un sourire. Celui qui pleure, qui demande de l’aide, qui est en quête… d’apprendre à s’aimer.
En 2026, je poursuivrai cette aventure avec passion, comme tous les projets que je caresse. J’essaierai de m’excuser moins et de mettre cette énergie ailleurs : dans l’avancement. Un pas à la fois. En janvier, je débuterai debout. Enfin.
Je continuerai de parler de cette aventure, dans l’espoir de guider d’autres humains à oser faire le même chemin. J’aimerai encore plus les gens qui m’entourent : mon chum, ma famille, mes amis, et ceux que je croiserai au fil du temps.
Pour me concentrer sur moi, j’ai parfois négligé certains humains. J’aurais pu faire autrement, mais je n’avais pas encore les bons outils. Alors je me suis refermé, maladroitement. Comme un oiseau blessé, caché sous le feuillage d’un grand arbre.
Joyeuses fêtes, mes amis.
N’arrêtez jamais de grandir. Continuez d’aimer.
L’amour, le vrai, est puissant et indestructible. Alors, mettez-en partout.
L’écho du corridor menant à ma chambre m’est désormais familier.
J’entends le personnel infirmier circuler et je peux presque prédire à quel moment on franchira ma porte pour un soin.
Installé sur mon lit d’hôpital, je cherche la position idéale. Elle ne viendra jamais, parce qu’elle n’existe pas. Trop de comparaisons avec la maison, mon petit nid où mon corps connaît chaque recoin du confort.
Il faut que je m’y fasse. Quelques jours, peut-être même quelques semaines. Le beige fera partie de mes journées. Les couleurs devront donc jaillir de ma tête.
Je suis fatigué, mais étrangement motivé. Une motivation tenace, celle qui ne demande pas la permission pour exister.
Troisième journée. Déjà. Et pourtant, chaque heure s’étire comme si le temps cherchait à me tester. Je m’ennuie de mon amoureux, de mes chiens, de ma maison, de ma façon de vivre. Je m’ennuie même de ma routine, celle qui rassure, celle qui apaise, celle qui donne l’impression que tout est à sa place.
On m’a opéré. On m’a enfin inséré ma tige. Le but ultime est presque à portée de main.
Le dernier droit m’appartient, et je le franchirai avec ma volonté, ma résilience, et surtout ce désir obstiné de réussir.
J’ai l’appui de ma famille, de mes amis et de tout le personnel médical. Je suis privilégié, je le sais, et je savoure chaque petit geste de soutien comme un rappel que je ne suis pas seul.
Ce midi, mon chirurgien viendra observer le résultat de son œuvre. Il donnera ses recommandations et insufflera l’élan nécessaire à ses troupes. C’est un grand homme, au regard empreint d’une certitude tranquille. Sa présence inspire, son leadership se ressent. Ça change tout.
Voici donc un aperçu de ma progression vers mon ultime défi. Je continuerai à raconter mon expérience. Je le fais pour moi, et pour celui ou celle qui en a besoin. Sans prétention, je vous livre mon histoire. Elle est singulière, oui, différente de celles de la plupart des gens. Mais elle n’a rien de plus extraordinaire que la vôtre.
La seule différence, c’est que moi, je l’ai déposée en mots, sur du papier… ou plutôt sur ce petit écran blanc qui m’accompagne.
Je suis à une semaine de mon ostéointégration. C’est presque irréel.
Bonjour, Comment je me sens? Pour être franc, dans une énergie étrange. Cette opération représente l’aboutissement de tout un parcours et pourtant, elle m’apporte plus de fébrilité et d’anxiété que toutes les autres que j’ai vécues. Et on parle d’une vingtaine d’interventions.
J’ai compris aussi pourquoi j’écris moins qu’avant. Avec le temps, j’ai remarqué que je n’aimais pas trop avoir la lumière sur moi. Un paradoxe pour un artiste, j’en conviens. Je croyais que mon passé dans les arts m’aiderait à raconter ce que je traversais, à me livrer sans retenue, que ma transparence rendrait ce défi plus facile à exprimer. Ce n’est pas ce qui s’est passé.
Vos commentaires, vos partages, vos expériences racontées avec autant d’humanité m’ont profondément touché. J’ai réalisé qu’on est beaucoup plus fort ensemble. Nos histoires sont différentes, mais la résonance, elle, se ressemble. Alors merci… un vrai merci.
J’aurais aimé être plus assidu, plus présent, plus constant dans mes partages, mais j’ai sous-estimé cette partie de moi qui avait besoin de silence pour vivre l’épreuve.
Le 18 novembre au matin, je serai sur cette table d’opération que je connais presque par cœur. Je fermerai les yeux pour les rouvrir sur une nouvelle vie. Une chance, enfin, de faire un pas sans cette douleur qui m’habite depuis plus de 45 ans.
Il n’est jamais trop tard. 2026 sera mon année. Elle sera exigeante, rien n’est encore gagné. Je devrai me réadapter à la marche, me remettre en forme. Des mois de sédentarité ont laissé leur trace. Je vais prendre soin de mon mental et de mon corps pour les ramener dans un état d’équilibre.
Je vous donnerai de mes nouvelles après l’intervention. Je partagerai mon expérience, du mieux que je le pourrai.
Alors voilà. J’avance dans cette dernière semaine avec fébrilité. Je serai le premier à recevoir une ostéointégration dans un os qui n’existait même pas il y a moins de deux ans. Les risques sont là, mais ils sont calculés. Et surtout, je suis entouré des meilleurs au monde dans ce domaine.
Déjà septembre… Le temps s’écoule vite, et pourtant chaque journée semble parfois s’étirer à l’infini. C’est étrange ce paradoxe, mais c’est exactement ce que je ressens.
Depuis ma dernière publication, ma santé a vacillé. Une rechute de colite ulcéreuse s’est invitée, tenace, persistant depuis plusieurs semaines. J’espérais que tout rentre vite dans l’ordre, mais le corps a ses lenteurs, ses résistances. Alors je me laisse guider par un nouveau traitement, avec l’espoir d’apaiser cette tempête intérieure.
Ma plus grande crainte était la cortisone. Elle aurait mis en péril mon opération tant attendue de l’automne. Pour l’instant, je respire : le traitement actuel fonctionne, sans ce médicament redouté. J’avance donc, un pas à la fois, malgré le stress et l’anxiété qui n’ont certainement pas facilité le chemin.
Il y a aussi des lueurs. Le 12 septembre, je rencontrerai l’équipe de l’Institut de réadaptation de Montréal. Normalement, ce rendez-vous aurait dû précéder ma décision d’aller de l’avant avec l’ostéo-intégration. Mais mon parcours est atypique, façonné par l’allongement osseux que j’ai déjà traversé. J’ai eu peur un instant que tout soit remis en question… puis la confirmation est venue : nous irons de l’avant. Soulagement.
Depuis une dizaine de jours, je porte une prothèse temporaire. Elle stimule mon os, prépare le terrain à la tige qui viendra s’y ancrer. J’ai détesté l’idée de renouer avec une emboîture. La douleur, l’inconfort… des compagnons dont je croyais m’être libéré. Mais j’ai la chance d’être entouré de mains expertes, et malgré cela, la douleur reste présente, diffuse, logée dans ma cuisse et ma fesse. Deux années de sédentarité ont fragilisé mes muscles. Je le sens.
Chaque jour, je m’efforce de porter cette jambe quelques heures. C’est difficile. Si j’avais le choix, je m’en passerais. Mais je sais qu’au bout de cette patience, l’opération rêvée m’attend. Je sais aussi que l’entraînement sera essentiel pour m’aider à retrouver de la force, de l’équilibre. C’est le prix à payer pour la marche retrouvée.
En parallèle, la vie continue de m’inviter à avancer. Le 29 septembre, nous déménagerons. Tourner une page, écrire la suivante. C’est exigeant, mais j’y vois aussi un nouveau départ. Nous étions bien ici… mais la vie, elle, est mouvement.
Mon état d’esprit, lui, ressemble à une mer changeante. Certains jours, les vagues me portent vers la motivation et la confiance. D’autres, l’anxiété m’engloutit et brouille l’horizon. J’essaie d’accueillir ces oscillations, de ne pas brusquer mon cœur. Je garde en tête l’essentiel : continuer à avancer, doucement, mais sûrement.
Je dois aussi composer avec une inquiétude : mon absence d’une à deux semaines après l’opération. Mes petits chiens… Comment les confier, comment m’assurer qu’ils seront bien ? Pour l’instant, je n’ai pas la réponse. Chaque chose en son temps.
Alors voilà, septembre est un mois suspendu… un mélange de fragilité et d’espoir. Je marche vers la suite, avec mes doutes, mes douleurs, mais aussi avec ce souffle de vie qui refuse de s’éteindre.
Mon dernier rendez-vous médical, le 15 mai, m’a profondément marqué… J’étais gonflé à bloc pour entamer ce que j’appelle la phase deux de mon allongement osseux. J’avais hâte de revoir mon chirurgien et de lui montrer à quel point j’étais prêt à continuer.
Malgré un rhume et une bonne dose de fatigue, rien ne pouvait me freiner. Un immense merci à mon beau-frère, toujours partant pour m’accompagner. Faire près de 600 km aller-retour serait bien morne sans nos discussions et sa présence réconfortante.
Ce jour-là, un accident a ralenti la circulation sur l’autoroute 20, direction ouest. J’ai donc pris une route secondaire qui longe la rivière Richelieu : un trajet splendide, inspirant, presque apaisant. Nous sommes arrivés à l’hôpital juste à temps. J’étais fébrile, rempli d’optimisme.
Je passe rapidement à la radiographie, puis enchaîne sans attente avec la consultation. Le chirurgien examine les images, puis me sourit : il m’annonce que le nouvel os est totalement consolidé. Aucune différence avec l’os d’origine — une fusion parfaite, une reconstruction réussie. Quelle excellente nouvelle !
Mais je ne m’attendais pas à ce qui allait suivre… Il m’explique que l’os est maintenant prêt pour une ostéo-intégration.
Lors de mon tout premier rendez-vous à l’hôpital, il y a presque quatre ans, je m’y rendais en vue d’une amputation au niveau du genou pour une ostéo-intégration fémorale. Ce jour-là, le Dr Bernstein m’avait redonné espoir : celui d’un allongement osseux au lieu d’une amputation. Et ce projet, contre toute attente, a abouti.
Non seulement j’ai pu conserver mon genou, mais aujourd’hui on m’offre une ostéo-intégration tibiale. Pour moi, c’est presque un miracle.
J’en rêvais. Je lui avais même demandé l’année dernière si c’était envisageable, mais il m’avait répondu qu’il ne fallait pas précipiter les choses et que les chances de réussite étaient très faibles. Il voulait sûrement éviter que je me fasse de faux espoirs.
Et pourtant, le 15 mai, cette porte s’est ouverte.
C’est une avancée majeure : – Le rétablissement après l’intervention est bien plus rapide. – Un nouvel allongement aurait repoussé ma réadaptation d’au moins un an et demi. – Avec cette solution, il est question de trois mois de convalescence seulement.
Autre avantage : le port de la prothèse sera complètement différent. Fini les frottements sur la peau — la tige sera intégrée directement dans le tibia. (Je vous ai mis quelques photos en annexe.)
Juillet est arrivé.
J’ai enfin rencontré le Dr Turcotte et j’ai eu une réponse à propos de mon projet d’ostéo-intégration tibiale.
Je suis arrivé très tôt à l’hôpital, car un CT scan était prévu avant la rencontre avec l’orthopédiste. J’étais nerveux, mais plein d’espoir.
Quand le moment tant attendu arrive, le Dr Turcotte analyse attentivement les images sur son écran. Je le regarde, suspendu à ses gestes, attendant qu’il se tourne vers moi pour m’annoncer son verdict.
Il finit par se retourner et me détaille l’état de mon os reconstruit. Il me dit : « Il est très court, mais je peux tout de même aller de l’avant. »
C’était la phrase que j’espérais entendre. J’étais comblé.
Il m’a bien sûr expliqué les risques, et aussi les autres options : – soit une prothèse plus fonctionnelle, qui me permettrait de retrouver une bonne mobilité rapidement. – soit l’opération, un peu plus longue à récupérer, mais offrant un résultat plus durable.
Je lui ai répondu que ma décision était prise depuis longtemps. J’étais prêt.
J’ai rempli un long formulaire (plus de dix pages !) ainsi qu’un document de consentement, lui permettant de concevoir la tige personnalisée. Il la soumettra ensuite à Santé Canada pour approbation, avant de l’envoyer à la compagnie qui la fabriquera.
En résumé : – 3 semaines pour l’approbation par Santé Canada – 3 mois de fabrication – Une chirurgie prévue entre octobre et novembre – Une reprise de la marche possible en mars prochain
Au printemps, je serai debout. C’est fou, non ?
Les efforts finissent toujours par porter leurs fruits. Avec les années, je l’ai constaté encore et encore. Il faut parfois une grande dose de patience et de résilience, mais pour moi, baisser les bras n’a jamais été une option.
Les doutes, les incertitudes… ils sont là. Mais ils ne font que renforcer ma détermination. Ce qui compte, c’est de rester connecté à ses émotions, sans se laisser envahir par le déni.
Un petit mot aussi sur ma vie en parallèle : malgré tout ce que je traverse, la vie continue. Nous avons vendu notre maison, et nous venons de finaliser l’achat de notre future demeure. Je serai bien installé pour poursuivre, dans un nouvel environnement, cette étape vers une guérison complète.
Je vous donnerai des nouvelles très bientôt.
Bel été à tous !
Alain
C’est une bonne illustration de la méthode, bien que son application diffère d’un individu à l’autre.
Ce jeudi, je prendrai la route vers Montréal pour retrouver mon chirurgien. Huit mois se sont écoulés depuis le début de la guérison de mon os. Huit mois d’attente, de patience, de silence. Mon os est désormais prêt. Assez fort, assez mature pour qu’on poursuive la route.
Oui, la phase deux approche. Celle qu’on espère être la dernière. Elle s’inscrira bientôt à mon agenda, et avec elle, cette idée presque irréelle que la fin du tunnel n’est peut-être plus si loin. Bien sûr, je sais qu’il reste encore plusieurs étapes avant de pouvoir marcher à nouveau avec une prothèse. Mais malgré tout, c’est une belle lueur au bout du chemin. Jusqu’ici, le parcours a porté ses fruits.
J’en saurai davantage ce jeudi, lors de ma consultation préopératoire. Pour l’instant, j’ai gagné près de 4 centimètres. J’en souhaiterais quelques-uns de plus — peut-être 6, 7 ou 8 — mais ce sera à ma peau d’en décider. Elle est souple, oui… mais même les corps les plus courageux ont besoin de temps pour s’adapter à une nouvelle réalité.
Ces huit mois ont été rudes.
L’attente, pour un homme habitué à bouger, à créer, à vivre pleinement… a été une épreuve. Elle a semé des doutes. Je me suis souvent remis en question. Je me suis éloigné. Mes passions se sont tues. J’ai traversé un certain vide.
Se lever le matin sans cap… c’est vertigineux. Ça donne froid dans le dos, parfois.
Mais ce matin, mardi 13 mai, j’ai simplement eu envie de vous écrire. Partager un peu de ce que je vis, avant ce grand rendez-vous. J’aimerais vous faire un suivi, mais je ne promets rien. Ces derniers temps, c’est l’émotion qui tient le gouvernail. Et je me rends compte qu’il faut parfois simplement lui laisser le vent.
Cela fait plusieurs mois que je ne vous ai pas donné de nouvelles de mon parcours médical. Le temps a filé à une vitesse folle, et les épreuves se sont enchaînées sans prévenir.
Sept mois avec des armatures dans les os, suivis de six semaines de plâtre… Ce fut une période marquée par l’inattendu, les doutes, les peurs, les douleurs. Et pourtant, malgré tout, j’ai gardé un esprit résolument tourné vers le positif. C’est cette énergie intérieure qui m’a permis d’avancer, un jour à la fois.
Aujourd’hui, nous sommes en février, et je vais beaucoup mieux. Tous ces mois de souffrance et de patience ne seront pas vains : ils m’ont mené ici, à l’aube d’une nouvelle étape.
Vers la deuxième phase
Je suis désormais prêt à entamer la deuxième phase de ce long processus : celle qui me permettra, enfin, de marcher avec une prothèse adaptée à ma nouvelle réalité. Mon prochain rendez-vous est fixé au 27 février.
En 2024, j’ai subi quatre opérations. Quatre ! Une année dense et éprouvante, mais aussi porteuse d’espoir. J’ai eu la chance d’être entouré d’une équipe médicale exceptionnelle, menée par un médecin humain, compétent et rassurant.
Mais au-delà du personnel soignant, ce sont mes proches qui m’ont porté. Ma famille, mes amis, et surtout mon chum, qui est resté à mes côtés à chaque instant. Sans lui, ce chemin aurait été beaucoup plus difficile à parcourir. Son amour, sa patience et sa force m’ont nourri.
Les défis du quotidien
En janvier, j’ai rencontré ma physiatre. Avec elle, j’ai commencé à envisager concrètement l’après. Après plus de 11 mois en fauteuil roulant, mon corps me parle — ou plutôt, il crie.
La repousse osseuse a mis mes nerfs, mes muscles et mes tendons à rude épreuve. Mes douleurs sont concentrées dans la cuisse, la hanche, le dos, et même le cou. La perte musculaire du côté de mon amputation rend aussi mon assise en fauteuil très inconfortable.
Chaque jour, je monte les escaliers en position assise pour atteindre ma chambre, mon bureau ou mon atelier de peinture. C’est devenu mon nouvel entraînement quotidien.
Les semaines à venir s’annoncent bien remplies : physiothérapie, ergothérapie, rendez-vous de suivi… sans oublier les préparatifs pour la suite de mon allongement osseux.
Un parcours semé d’embûches
Je n’avais pas anticipé l’impact physique et mental de cette longue période d’attente. Mon corps a souffert. Et la guérison, je le réalise, est un processus d’une lenteur impressionnante.
Petit résumé de 2024 :
Une opération pour retirer une tige mal fixée dans ma cuisse, qui m’empêchait même de me coucher sans douleur.
Des dizaines d’allers-retours entre Québec et Montréal.
Des radiographies hebdomadaires.
Un sevrage difficile aux narcotiques, dont je ressens encore les contrecoups aujourd’hui.
Et cette peur, ce stress, cette anxiété qui m’ont parfois empêché de sortir de chez moi.
Je pourrais vous en parler plus en détail dans un prochain texte, si certains aspects vous interpellent.
Un nouvel élan
Malgré tout, j’ai recommencé à peindre. Et à écrire. Mon esprit est à nouveau tourné vers l’avenir.
Je me sens prêt. Prêt à affronter la suite avec courage et lucidité. Une pharmacienne spécialisée me contacte chaque semaine pour assurer un suivi global, physique et mental. Ce soutien constant me fait du bien.
Avec mes bébés précieux Luke, Leïa et Yogi qui n’est pas sur la photo 🙂
Bonjour, J’espère que vous passez un très bel été. Dans mon cas, on m’a opéré le 17 juillet. C’est ma troisième intervention chirurgicale.
La douleur intense que je vivais depuis plus de quatre mois et demi est maintenant derrière moi.
Le 12 mars, en revenant de la salle de bain, le choc de l’appareil contre la base en bois de mon lit a été suivi d’une vague d’élancements continus et de la découverte de sang sur une des tiges métalliques de ma jambe. Je vous avais raconté cela il y a quelques mois.
Imaginez, je m’étais cogné tellement fort que mes tiges dans le fémur s’étaient dégagées de mon os. Un peu comme une vis lâche dans du Placoplatre. Chaque mouvement aggravait la situation. Cette douleur, je l’avais depuis le début de mon cheminement, alors je la croyais normale et j’ai omis de parler de mon incident comme quelque chose de majeur.
Le 17 juillet, mon chirurgien a pu voir l’anomalie autour de mon os et m’a tout de suite dit qu’il allait retirer les anciennes tiges pour en poser de nouvelles plus haut sur la cuisse.
Comme j’ai vécu un trouble panique lors de ma dernière opération, j’ai demandé à l’équipe d’anesthésie de bien vouloir en tenir compte. Ils m’ont rassuré en essayant de me faire focaliser sur le positif et la raison de mon cheminement actuel. Cela a fonctionné, avant et après l’intervention.
Ils m’ont fait une rachianesthésie et m’ont aussi donné un sédatif pour que je puisse somnoler pendant la chirurgie. À mon réveil, j’étais bien et très calme. Ils m’ont transféré à la salle de réveil et, une fois sur place, ils m’ont fait un bloc périphérique. J’étais certain d’être anesthésié pendant trois jours.
La bonne nouvelle, c’est que je n’ai plus de douleur à mon os. Les élancements étaient liés à l’accident contre le bord du lit le 12 mars.
Aujourd’hui, je laisse guérir les nouvelles tiges dans le fémur en faisant attention de ne pas me cogner. Le chirurgien m’a aussi installé des charnières afin que je puisse bouger mon genou. Il y a une vis stoppeuse que je dois enlever et remettre plusieurs fois par jour dans le but de donner de la mobilité à mon articulation.
Quand je retire la fixation, je peux plier et déplier mon genou. Cela fait quatre mois et demi qu’il n’a pas bougé. Pas besoin de vous dire que mes muscles sont fragiles et douloureux. J’y vais tranquillement et bientôt j’aurai un physiothérapeute qui pourra superviser tout cela et inclure d’autres types de traitements.
Demain, j’ai rendez-vous avec mon prothésiste pour l’éventuelle installation d’une prothèse au bout de mon cadre. Cela peut paraître bizarre, mais c’est essentiel à ma récupération. Je vous montrerai cela plus tard.
En résumé, je me sens beaucoup mieux et surtout très motivé pour la suite. Je vous tiendrai au courant de mes développements. Il est poFin juillet – Une opération, une libération
J’espère que vous passez un très bel été. De mon côté, j’ai subi ma troisième intervention chirurgicale le 17 juillet. Une étape importante — et, je l’espère, décisive.
La douleur intense que je supportais depuis plus de quatre mois et demi est maintenant derrière moi. Un soulagement immense.
Souvenez-vous, le 12 mars, en revenant de la salle de bain, j’avais cogné violemment mon appareil contre la base en bois de mon lit. Cette nuit-là, j’avais ressenti une vague d’élancements violents et découvert du sang sur l’une des tiges métalliques fixées à ma jambe. Je vous en avais parlé brièvement à l’époque.
Ce que je ne savais pas encore, c’est que le choc avait littéralement déplacé les tiges à l’intérieur de mon fémur. Un peu comme des vis qui se desserrent dans du placoplâtre. Chaque mouvement empirait la situation. Mais croyant que cette douleur faisait simplement partie du processus, je n’ai jamais mentionné cet incident comme étant majeur. Jusqu’à ce que le chirurgien voie clairement l’anomalie autour de l’os, le 17 juillet.
Il m’a tout de suite annoncé qu’il fallait retirer les anciennes tiges et en poser de nouvelles, plus haut dans la cuisse.
Une approche plus humaine en salle d’opération
Ayant vécu un trouble panique lors de ma précédente opération, j’ai cette fois demandé à l’équipe d’anesthésie de prendre cela en considération. Et ils l’ont fait, avec beaucoup de compassion.
Ils m’ont aidé à me recentrer sur les raisons profondes de mon cheminement, sur les progrès déjà accomplis. Cela m’a permis d’entrer en salle plus apaisé. L’intervention s’est déroulée sous rachianesthésie, avec un léger sédatif pour que je puisse somnoler. À mon réveil, j’étais calme, serein. Puis, en salle de réveil, ils m’ont administré un bloc périphérique. J’avais l’impression d’être anesthésié pour trois jours !
La bonne nouvelle ? Je n’ai plus de douleur osseuse. Les élancements chroniques étaient bel et bien dus à ce fameux choc du mois de mars.
Une nouvelle étape, une mobilité retrouvée
Aujourd’hui, je laisse tranquillement les nouvelles tiges se fixer dans mon fémur. Je suis très prudent : hors de question de revivre le même scénario. Mon chirurgien a également installé des charnières pour me permettre de redonner du mouvement à mon genou, resté figé pendant quatre mois et demi.
Une vis stoppeuse me permet de contrôler ce mouvement : je la retire plusieurs fois par jour pour plier et déplier la jambe. Mes muscles sont très fragilisés, douloureux, mais je progresse doucement. Un physiothérapeute viendra bientôt me superviser et m’aider à intégrer d’autres traitements adaptés.
Demain, j’ai un rendez-vous important avec mon prothésiste. Il est question d’installer une prothèse temporaire au bout du cadre, ce qui peut sembler étrange, mais c’est une étape essentielle pour retrouver une certaine mobilité. Je vous en reparlerai et vous montrerai tout ça bientôt.
Conclusion : soulagement et gratitude
En résumé, je me sens mieux. Beaucoup mieux. Et surtout très motivé pour la suite.
Je prendrai peut-être un peu de temps avant de vous écrire à nouveau, mais sachez que vos messages, votre soutien, et l’amour que vous me témoignez me touchent droit au cœur.
Merci de continuer à marcher avec moi, même à distance, sur ce chemin de résilience.ssible que je prenne un peu de temps avant de vous écrire à nouveau.
Merci pour vos commentaires, votre soutien et l’amour que vous me portez, me touche droit au cœur.
Mon opération du 8 mai a été particulièrement difficile. Mon niveau d’anxiété étant à la hausse, ces moments de vulnérabilité en salle d’opération deviennent de plus en plus éprouvants. J’ai fait une crise de panique, manquant d’air, mais grâce à l’expérience rassurante de l’équipe, la situation a rapidement été prise en charge. Au réveil, j’étais vidé, lessivé, mais soulagé : l’intervention, qui visait à fracturer l’os pour permettre la reprise de l’allongement, a été un succès.
Une attente douloureuse
Nous sommes maintenant le 28 mai. J’attends mon rayon X hebdomadaire dans une salle pleine à craquer. Je suis un patient… très patient. À 10 ans déjà, je faisais la file pour mes suivis médicaux — une habitude ancrée depuis l’enfance.
La veille, j’ai vécu l’une des pires soirées de cette aventure. Je ne suis pas du genre à me plaindre, mais cette douleur… elle m’a submergé. J’avais l’impression que ma jambe était brisée en trois morceaux, sans possibilité de soulagement. Malgré les médicaments, rien n’y faisait. Chaque minute semblait une éternité. Finalement, très tard dans la nuit, j’ai sombré dans un sommeil tant espéré. Mais à chaque réveil, la douleur reprenait ses droits.
Oui, l’os s’allonge. C’est ça, l’essentiel. Le reste, je le gère. Facile à dire… mais je tiens bon.
Les risques et la volonté
Mon chirurgien m’a récemment rappelé les raisons qui pourraient forcer l’arrêt du processus :
Une déchirure de la peau
Une infection
Un os qui se referme trop vite
Ou, au contraire, qui ne se reforme pas
Ma propre tolérance
Je lui ai répondu que j’irai jusqu’au bout. Même si certains soirs, comme celui d’hier, j’aimerais tout arrêter, qu’on m’enlève cette structure pour retrouver un peu de paix. Un moment sans douleur. Juste un moment.
Mais je me permets ces baisses de régime. Elles m’aident à retrouver l’élan. Car au fond, je le sais : je continuerai. Je suis motivé, et surtout bien entouré — autant par mon équipe médicale que par mes proches.
Lueur d’espoir et patience
Chaque radiographie me rappelle que les jours passent et que quelques millimètres s’ajoutent. Petit à petit, je vois une différence.
Les premières semaines ont été les pires pour mes tissus : ligaments, nerfs, muscles, tendons… tout a été mis à rude épreuve. Mais bientôt, il y aura assez d’os pour retirer la structure, laisser durcir cette nouvelle matière vivante, puis la fixer à nouveau avec le cadre pour poursuivre l’allongement jusqu’au maximum possible.
Je voulais vous écrire plus souvent, mais c’est très difficile. Mon énergie est faible, et écrire en ayant mal, je ne connais pas encore ce talent-là.
Début juin — Réapprendre la patience
Nous sommes en juin. À la demande de mon chirurgien, j’ai arrêté l’allongement temporairement. Il souhaite me revoir dans 15 jours. Je suis excité à l’idée qu’il envisage peut-être le retrait du cadre métallique… ou du moins, c’est ce que je croyais.
Au rendez-vous, il me confirme que tout va bien, malgré mes douleurs. Mais il m’explique que le nouvel os a besoin de temps pour guérir. Si l’on retire les anneaux trop tôt, la portion régénérée pourrait littéralement se désagréger, comme une éponge. Toute cette énergie, ces efforts, cette souffrance… anéantis.
Les tiges maintiennent une tension indispensable pour empêcher une rétractation. L’os durcit en surface, mais l’intérieur, plus lent à se solidifier, demande encore du temps. Peut-être plusieurs semaines. Peut-être des mois.
Le quotidien avec la douleur
Même après avoir arrêté les étirements, la douleur reste bien présente. Mes muscles se sont atrophiés, surtout au niveau de la cuisse. Le genou, figé depuis quatre mois, me fait souffrir nuit et jour. J’avais tant espéré qu’on retire les anneaux…
Alors j’apprends à vivre avec ça, aussi longtemps qu’il le faudra.
Merci d’être là
Pardon si ce texte vous semble décousu. J’essaie de rendre mon expérience la plus fidèle possible, malgré la fatigue et les douleurs.
Merci de me lire, de m’épauler, de me faire sentir moins seul dans ce combat. Vos messages, vos pensées, vos mots doux me portent plus que vous ne pouvez l’imaginer.
En attendant les prochaines nouvelles, je vous souhaite un été doux, lumineux, et rempli d’élans de vie.
Je ne saurais plus dire à quel jour précis d’allongement osseux je suis rendu. Le temps est devenu flou, fragmenté entre douleurs et silences. Ce que je peux vous dire, c’est que beaucoup de choses se sont passées depuis ma dernière mise à jour.
Les douleurs, elles, ne m’ont pas épargné. Elles sont venues en vagues : déchirements musculaires, atteintes cutanées douloureuses, lésions aux points de fixation des tiges de métal… Mais jamais toutes en même temps, heureusement.
Malgré tout cela, l’os a bien progressé. La vis est maintenant à 5 centimètres d’étirement, ce qui me donne environ 2 centimètres de gain net au niveau du moignon. C’est énorme, et en même temps, si fragile. Car derrière ce progrès, se cachait une douleur atroce… et un obstacle inattendu.
Jeudi dernier, le 2 mai, j’ai reçu l’appel de mon chirurgien à la suite de ma radiographie hebdomadaire. Il m’a demandé d’arrêter immédiatement les étirements. Ce que nous redoutions s’est confirmé : l’os a guéri trop vite. Il s’est consolidé prématurément. Et cette douleur qui me rongeait depuis quelques jours prenait tout son sens.
Le verdict est tombé : je dois être opéré à nouveau, ce 8 mai. Il faudra casser l’os une seconde fois pour pouvoir reprendre le processus d’allongement. Ce n’est pas un échec, c’était une possibilité que nous avions envisagée dès le départ. Comme l’a dit mon chirurgien : penser qu’on y arriverait d’un seul coup aurait été un peu prétentieux. Il faut respecter le corps, ses rythmes, ses imprévus.
Je ne vous ai pas écrit plus tôt, tout simplement parce que la douleur et la fatigue prenaient toute la place. Mon activité favorite ces jours-ci ? Ne rien faire. Et j’y arrive… avec une pointe de frustration, je l’avoue. Ce n’est pas naturel pour moi de rester immobile et silencieux aussi longtemps. Mais c’est ce que la guérison exige.
Voilà un petit résumé, tout en simplicité. Quand les mots couleront plus facilement, je vous écrirai un texte plus étoffé. Quelque chose qui ressemblera davantage à mon cœur. Pour l’instant, je garde mes forces.
Je vous tiendrai au courant après l’opération du 8 mai. Merci d’être là, même en silence.