Mon ultime défi suite 15…

Il est 5 h 30 du matin. Le département s’anime.

L’écho du corridor menant à ma chambre m’est désormais familier.

J’entends le personnel infirmier circuler et je peux presque prédire à quel moment on franchira ma porte pour un soin.

Installé sur mon lit d’hôpital, je cherche la position idéale. Elle ne viendra jamais, parce qu’elle n’existe pas. Trop de comparaisons avec la maison, mon petit nid où mon corps connaît chaque recoin du confort.

Il faut que je m’y fasse. Quelques jours, peut-être même quelques semaines. Le beige fera partie de mes journées. Les couleurs devront donc jaillir de ma tête.

Je suis fatigué, mais étrangement motivé. Une motivation tenace, celle qui ne demande pas la permission pour exister.

Troisième journée. Déjà. Et pourtant, chaque heure s’étire comme si le temps cherchait à me tester. Je m’ennuie de mon amoureux, de mes chiens, de ma maison, de ma façon de vivre. Je m’ennuie même de ma routine, celle qui rassure, celle qui apaise, celle qui donne l’impression que tout est à sa place.

On m’a opéré. On m’a enfin inséré ma tige. Le but ultime est presque à portée de main.

Le dernier droit m’appartient, et je le franchirai avec ma volonté, ma résilience, et surtout ce désir obstiné de réussir.

J’ai l’appui de ma famille, de mes amis et de tout le personnel médical. Je suis privilégié, je le sais, et je savoure chaque petit geste de soutien comme un rappel que je ne suis pas seul.

Ce midi, mon chirurgien viendra observer le résultat de son œuvre. Il donnera ses recommandations et insufflera l’élan nécessaire à ses troupes. C’est un grand homme, au regard empreint d’une certitude tranquille. Sa présence inspire, son leadership se ressent. Ça change tout.

Voici donc un aperçu de ma progression vers mon ultime défi. Je continuerai à raconter mon expérience. Je le fais pour moi, et pour celui ou celle qui en a besoin. Sans prétention, je vous livre mon histoire. Elle est singulière, oui, différente de celles de la plupart des gens. Mais elle n’a rien de plus extraordinaire que la vôtre.

La seule différence, c’est que moi, je l’ai déposée en mots, sur du papier… ou plutôt sur ce petit écran blanc qui m’accompagne.

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