Mon ultime défi suite 12…

Salut !

Mon dernier rendez-vous médical, le 15 mai, m’a profondément marqué…
J’étais gonflé à bloc pour entamer ce que j’appelle la phase deux de mon allongement osseux. J’avais hâte de revoir mon chirurgien et de lui montrer à quel point j’étais prêt à continuer.

Malgré un rhume et une bonne dose de fatigue, rien ne pouvait me freiner. Un immense merci à mon beau-frère, toujours partant pour m’accompagner. Faire près de 600 km aller-retour serait bien morne sans nos discussions et sa présence réconfortante.

Ce jour-là, un accident a ralenti la circulation sur l’autoroute 20, direction ouest. J’ai donc pris une route secondaire qui longe la rivière Richelieu : un trajet splendide, inspirant, presque apaisant. Nous sommes arrivés à l’hôpital juste à temps. J’étais fébrile, rempli d’optimisme.

Je passe rapidement à la radiographie, puis enchaîne sans attente avec la consultation.
Le chirurgien examine les images, puis me sourit : il m’annonce que le nouvel os est totalement consolidé. Aucune différence avec l’os d’origine — une fusion parfaite, une reconstruction réussie. Quelle excellente nouvelle !

Mais je ne m’attendais pas à ce qui allait suivre…
Il m’explique que l’os est maintenant prêt pour une ostéo-intégration.

Lors de mon tout premier rendez-vous à l’hôpital, il y a presque quatre ans, je m’y rendais en vue d’une amputation au niveau du genou pour une ostéo-intégration fémorale. Ce jour-là, le Dr Bernstein m’avait redonné espoir : celui d’un allongement osseux au lieu d’une amputation. Et ce projet, contre toute attente, a abouti.

Non seulement j’ai pu conserver mon genou, mais aujourd’hui on m’offre une ostéo-intégration tibiale. Pour moi, c’est presque un miracle.

J’en rêvais. Je lui avais même demandé l’année dernière si c’était envisageable, mais il m’avait répondu qu’il ne fallait pas précipiter les choses et que les chances de réussite étaient très faibles. Il voulait sûrement éviter que je me fasse de faux espoirs.

Et pourtant, le 15 mai, cette porte s’est ouverte.

C’est une avancée majeure :
– Le rétablissement après l’intervention est bien plus rapide.
– Un nouvel allongement aurait repoussé ma réadaptation d’au moins un an et demi.
– Avec cette solution, il est question de trois mois de convalescence seulement.

Autre avantage : le port de la prothèse sera complètement différent. Fini les frottements sur la peau — la tige sera intégrée directement dans le tibia. (Je vous ai mis quelques photos en annexe.)


Juillet est arrivé.

J’ai enfin rencontré le Dr Turcotte et j’ai eu une réponse à propos de mon projet d’ostéo-intégration tibiale.

Je suis arrivé très tôt à l’hôpital, car un CT scan était prévu avant la rencontre avec l’orthopédiste. J’étais nerveux, mais plein d’espoir.

Quand le moment tant attendu arrive, le Dr Turcotte analyse attentivement les images sur son écran. Je le regarde, suspendu à ses gestes, attendant qu’il se tourne vers moi pour m’annoncer son verdict.

Il finit par se retourner et me détaille l’état de mon os reconstruit. Il me dit :
« Il est très court, mais je peux tout de même aller de l’avant. »

C’était la phrase que j’espérais entendre. J’étais comblé.

Il m’a bien sûr expliqué les risques, et aussi les autres options :
– soit une prothèse plus fonctionnelle, qui me permettrait de retrouver une bonne mobilité rapidement.
– soit l’opération, un peu plus longue à récupérer, mais offrant un résultat plus durable.

Je lui ai répondu que ma décision était prise depuis longtemps. J’étais prêt.

J’ai rempli un long formulaire (plus de dix pages !) ainsi qu’un document de consentement, lui permettant de concevoir la tige personnalisée. Il la soumettra ensuite à Santé Canada pour approbation, avant de l’envoyer à la compagnie qui la fabriquera.

En résumé :
– 3 semaines pour l’approbation par Santé Canada
– 3 mois de fabrication
– Une chirurgie prévue entre octobre et novembre
– Une reprise de la marche possible en mars prochain

Au printemps, je serai debout. C’est fou, non ?


Les efforts finissent toujours par porter leurs fruits. Avec les années, je l’ai constaté encore et encore. Il faut parfois une grande dose de patience et de résilience, mais pour moi, baisser les bras n’a jamais été une option.

Les doutes, les incertitudes… ils sont là. Mais ils ne font que renforcer ma détermination.
Ce qui compte, c’est de rester connecté à ses émotions, sans se laisser envahir par le déni.

Un petit mot aussi sur ma vie en parallèle : malgré tout ce que je traverse, la vie continue.
Nous avons vendu notre maison, et nous venons de finaliser l’achat de notre future demeure.
Je serai bien installé pour poursuivre, dans un nouvel environnement, cette étape vers une guérison complète.

Je vous donnerai des nouvelles très bientôt.


Bel été à tous !

Alain

C’est une bonne illustration de la méthode, bien que son application diffère d’un individu à l’autre.

Laisser un commentaire