Il y a un an, un très grand ami m’a quitté…

À mon grand ami Dan

Il y a déjà un an, je suis tombé sur une publication qui m’a secoué.
Celle de la fille d’un grand ami. Elle écrivait simplement :

« 30 octobre… Mon cœur pleure, car une partie de mon cœur vient de s’éteindre. Mon papa nous a quittés… »

Ça m’a frappé comme une tonne de briques. J’ai su, immédiatement, que je venais de perdre mon grand ami Dan. Un vrai choc. On venait de se parler quelques jours plus tôt.
Je venais d’écrire un texte sur l’automne, et il m’avait dit :

« Pour moi, cette saison, c’est de la poésie. Et ta façon de l’évoquer en est une. »
Ce furent, sans le savoir, ses derniers mots pour moi.


J’ai pleuré ce complice. Longtemps. Il m’a laissé un vide immense.
Nous partagions les mêmes élans, les mêmes passions.

Quand j’ai commencé le théâtre, il m’avait dit :

« Tu me donnes le goût d’en faire, mon ami. »

C’était ça, nous deux : une amitié tissée dans l’amour des arts, dans la vibration du sensible. C’était notre langage commun.


Je l’ai rencontré au début des années 2000. Une amie nous avait mis en contact — à l’époque, je cherchais un claviériste. On a connecté tout de suite. Mais, comme c’est souvent le cas, la vie avait d’autres plans. Nos horaires ne cadraient pas, nos projets ne pouvaient s’unir. Mais on a gardé contact. Toujours.


Dan et moi, on était deux estropiés de la vie. On n’avait pas eu la route facile.
Et malgré la douleur, on savourait chaque matin. Chaque souffle était un remerciement.
Chaque instant, un cadeau.

Ce qui m’a le plus frappé chez lui dès le départ, c’était son authenticité, sa sensibilité immense, son écoute infinie.

Dan aimait entendre les histoires des autres. Il s’en nourrissait. Il s’en inspirait.


Professeur à la retraite, pianiste et compositeur d’un talent rare,
il était aussi d’une grande humilité.

Comme beaucoup d’artistes, il doutait sans cesse. Mais j’étais là pour le rassurer.
Et lui pour moi. On se motivait mutuellement, on dissipait les brumes de nos projets respectifs, on se donnait du souffle.


Il ne cachait pas ses faiblesses. Il les partageait, pour aider les autres à traverser les leurs.
Sans masque. Avec sincérité. Avec lumière.

Sa vie était pleine de cicatrices, et c’était là, justement, la beauté de sa personne.

J’ai rarement rencontré un être aussi ouvert d’esprit, aussi exempt de jugement.
Il s’animait dans la diversité. C’était un homme brillant, curieux, chaleureux.


Il aimait sa famille profondément. Sa fille Claude, son petit-fils qu’il appelait tendrement Monsieur-vous, son gendre. Il en parlait avec fierté, avec une flamme dans les yeux.
Je lui disais souvent à quel point c’était touchant à voir.


Dan avait aussi cette crainte constante de déranger. Il s’excusait tout le temps…
Et ça me faisait rire, tendrement. Il était humble, généreux, attentif. Le genre d’ami qu’on peut appeler en pleine nuit, sans gêne.

Il me disait souvent :

« La nuit, je dors pas de toute façon. »

Il pouvait rire aux éclats… Et pleurer, l’instant d’après.


C’est grâce à lui que j’ai osé créer un blogue. J’avais peur de publier mes textes.
Et lui, il m’a encouragé, soutenu, propulsé.

Il me disait :

« Laisse aller… On n’est jamais totalement satisfait de ce qu’on écrit de toute façon. »

Il avait raison.
On vivait les mêmes doutes, les mêmes tremblements.


On avait aussi une passion commune : Chloé Sainte-Marie. On l’a vue en spectacle à Longueuil, ensemble. Il connaissait bien ses musiciens — c’étaient ses amis.
Il était fier de me les présenter. Et ce soir-là, on a pris le temps de discuter avec Cloé.

« Une maudite belle soirée », comme il avait dit.


Je suis privilégié d’avoir connu Dan. D’avoir partagé un bout de sa vie.

Il était toujours là dans mes tempêtes. Discret, mais solide. Présent.
Il combattait chaque jour pour ne pas sombrer. Un funambule, avançant sur un fil tendu entre ombre et lumière. Je ne l’ai jamais entendu se plaindre.


À la fin de chaque conversation, il me disait :

« Je t’aime, mon ami. »

Sa sensibilité était bouleversante. Profonde. Rares sont les hommes qui osent être aussi tendres dans l’amitié.


Bientôt, une grande épreuve m’attend. Et je sais qu’il sera là, d’une façon ou d’une autre.
On en avait parlé. Il m’aidera. J’en suis convaincu.


Dan, mon complice de vie, mon frère de cœur, tu restes à jamais mon grand ami.
Je t’aime. Et je ne t’oublierai jamais.

Comme je te disais toujours :

« Poutttt poutttt mon Dan ! »

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