Savoir demander

Non, mais ! Est-ce que vous trouvez ça difficile de demander ? Êtes-vous comme moi ?

Moi, je vous le dis franchement : oui. Et je suis convaincu que cette difficulté est liée à mon histoire, à mon enfance, à mon parcours. C’est ancré. C’est là depuis longtemps.
Et même si j’y travaille sans relâche, ça ne devient pas toujours plus facile.


Je parle ici de mon expérience, je ne généralise pas. Mais souvent, la peur de demander vient d’un manque de confiance en soi. D’une crainte plus vaste. Pourtant, dans la vie, je suis quelqu’un de généreux. J’aime aider. J’aime offrir de mon temps, de mon cœur, de mon écoute. C’est même devenu mon métier — infirmier, puis coach professionnel.
Je donne sans compter.

Mais… cordonnier mal chaussé ? Oh que oui. Et c’est correct. Parce que ça se travaille.
C’est ça, l’évolution : s’améliorer, encore et encore.

Nous sommes tous en travaux, tous des maisons en rénovation. On repeint, on retape, on réorganise en fonction de notre croissance, de nos passages, de nos transformations.


Mais par où commencer ?

Par le début, oui… mais surtout par soi. Et pour cela, il faut une bonne dose de transparence. Sommes-nous capables d’être honnêtes avec nous-mêmes ? De nous regarder sans fard, sans détourner les yeux ? Pas toujours. Et c’est normal.

On a tendance à se protéger. À se cacher la vérité. Par réflexe. Par peur de souffrir. Mais on peut apprendre à faire autrement.


Demander… c’est aussi une question d’équilibre.

On entend souvent :

« Je ne demande pas la lune, juste ce qui me revient. »

Mais… c’est quoi exactement, ce qui nous revient ? Et là, les émotions s’en mêlent.
Et ça devient flou. Certains diront : « Moi j’ai pas de problème avec ça. » Et tant mieux ! Chacun a ses forces et ses zones plus sensibles.


Dans mon cas, demander, c’est tout un défi. Pour certains types de demandes, ça va.
Demander un conseil, par exemple : facile. J’ai un cercle de confiance solide. Je peux m’y appuyer.

Mais quand il s’agit de demander un coup de main matériel, là, ça se corse.
Et ce n’est même pas parce que j’ai peur de déranger.
J’ai une famille présente, des amis fidèles.

Non.
C’est que je vis à un rythme différent.

Ayant un handicap à une jambe, j’ai appris à fonctionner à ma façon. Je m’organise pour avoir le temps de faire les choses à mon rythme. Et ça me convient. Je ne suis pas malheureux.

J’ai simplement appris à vivre dans un monde qui va vite, avec mes propres outils.


Mais soyons encore plus honnêtes…

Quand une demande sort de mon univers personnel, quand elle touche à mon vécu intérieur, c’est une autre histoire.

Comme infirmier, par exemple, jamais je n’aurais demandé de l’aide si une tâche m’était pénible à cause de ma jambe. Jamais je n’aurais accepté qu’un collègue le fasse pour moi. Je voulais prouver que j’étais capable. Aussi bon que les autres.

Mais j’avais tort.
Aujourd’hui, je le sais.

La peur de demander, dans ce cas, était un refus d’admettre mes limites. Un manque de confiance. Un excès d’orgueil. Et une absence de bienveillance envers moi-même.

Peut-être qu’en acceptant mes limites, on aurait trouvé des solutions ensemble.
Des façons de travailler autrement, sans me blesser.


Dans la vie, il faut apprendre à s’outiller. Et le premier outil, c’est le respect de soi.

Demander de l’aide ne nous rend pas moins bons, moins compétents.
Au contraire : c’est une marque de maturité émotionnelle.

C’est reconnaître qu’on est humain, qu’on a besoin des autres, et que l’échange fait partie du processus de croissance.


Après le respect de soi… il y a l’égo.

Cet empêcheur de demander.
Celui qui nous murmure :

« Tu vas avoir l’air faible. »
« Les autres vont penser que tu n’es pas à la hauteur. »

Et pour éviter ça, on garde tout pour soi. On souffre en silence.
Et on passe à côté de belles opportunités de connexion humaine.


Quand on a confiance en soi, qu’on se respecte, qu’on reste fidèle à qui on est…

Alors on devient plus solide. Plus vrai.


Demander, ce n’est pas un aveu de faiblesse. C’est une preuve de force.

Mais il faut pratiquer. L’équilibre dans les demandes, ça se développe avec le temps.

Je l’ai compris vite.
Mais le mettre en pratique, c’est une autre paire de manches.


Alors voilà.
C’est ma réflexion.
Mon expérience.
Et je vous la partage, parce qu’on grandit ensemble.

Et vous ?
Comment vivez-vous cela ?
Est-ce que c’est difficile pour vous de demander ?

J’ai hâte de vous lire.

2 réflexions au sujet de “Savoir demander”

  1. Ce que tu dit tellement vrai ça fais 16ans que je suis sobre et les première valeur ces tout à fais ce que tu dit je pratique ce mode d emploie la à chaque jour j ai fais une très bonne lecture et j espère en lire d autre bravo sur ce que tu fais bonne soiree

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