Le pouvoir de l’acceptation de ses faiblesses
Je ne crois pas que reconnaître ses faiblesses soit un manque de volonté.
Pendant des années, pourtant, je les ai redoutées. Je les ai fuies au lieu de les observer, de les comprendre. Et pourtant, faire face à ses fragilités, c’est une marque d’intelligence, de conscience, de courage.
Car soyons honnêtes : qui se connaît vraiment ?
Qui prend vraiment le temps de s’écouter ?
Nous courons dans des vies trop remplies.
On se tue à la tâche, on tente de se réaliser dans le couple, dans la carrière…
Et quand tout craque, on se sépare, on s’épuise, on s’écroule… puis on recommence.
Entre deux burnouts, on se paie une semaine dans le Sud, vite fait. On recharge, puis on replonge. Ce cycle me tue à petit feu. Mais avec le temps, j’ai appris à transformer ces pauses en véritables respirations. J’y ai intégré la musique, l’écriture, la lecture… Et avec ça, j’vous le dis : amenez en, des Cayo Coco.
Je suis convaincu d’une chose : l’humain n’est pas fait pour la monotonie.
On a besoin de se réaliser, de créer, de vibrer.
À dix ans, j’ai été confronté à une épreuve majeure : un accident qui a bouleversé ma vie.
C’est à ce moment-là que j’ai compris que les marathons quotidiens, ce n’était pas pour moi. J’ai traversé une succession de traitements — ergothérapie, physiothérapie, prothèses — et chaque jour, je faisais face à une routine imposée.
Mais dans cette solitude, j’ai trouvé un moyen de m’évader : l’écriture. D’abord des récits de mes journées, puis des poèmes, puis des chansons. C’était une inspiration naissante, une lumière que je ne voulais surtout pas éteindre.
L’écriture est devenue mon antidote à la répétition. C’était ma bulle, mon échappatoire, mon refuge. À dix ans, seul dans un environnement dominé par l’effort et la douleur, j’ai appris à pallier la souffrance par la création.
Et je veux ici ouvrir une parenthèse pour parler de ces jeunes, comme moi à l’époque, qui souffrent physiquement et psychologiquement. Ils sont lucides. Ils comprennent.
L’anxiété, même à dix ans, peut brûler comme une flamme au creux du plexus.
Et pour survivre, on développe des mécanismes de défense. On s’éveille. On s’affranchit.
La personne que je suis aujourd’hui est faite de tout cela. Et c’est pourquoi je ne peux accepter une vie figée dans la routine.
La monotonie nous hypnotise. Elle endort notre conscience. C’est vital d’apprendre à se connaître. Mais le faites-vous vraiment ? Êtes-vous capable de nommer vos forces, vos faiblesses ? Posez-vous la question.
Je remarque, avec espoir, que notre société évolue. On mange mieux. On prend soin de notre corps. On parle d’écologie, de santé mentale. Mais il reste un grand chantier : celui de notre monde intérieur.
On tente de conquérir le monde extérieur… sans même connaître le nôtre. Et pourtant, se découvrir, ce n’est pas si compliqué : Commencez par de petits pas. Remplacez deux téléromans par une soirée pour vous. Programmez du temps pour penser, respirer, écrire, rêver.
Je vais vous faire une confidence : au début, c’est terrifiant d’être seul avec soi-même.
Quand on sort d’une longue vie de couple, on ressent un vertige. On étouffe. On a peur.
J’ai vécu ça. Et j’ai réalisé que je ne me connaissais pas. Mais la fois suivante, j’étais mieux préparé. J’avais cheminé. J’étais devenu mon amoureux, mon ami, parce que j’avais appris à m’aimer, parce que j’avais appris à apprécier ma propre compagnie. C’était imparfait, mais j’étais en mouvement, sur le chemin de ma propre conquête.
Regardez-vous dans le miroir. Sérieusement.
Tenez le regard. Posez-vous des questions.
Vous allez voir que la réponse n’est pas toujours tendre.
Et souvent, on réalise… qu’on ne s’aime pas.
Pourquoi ?
Parce qu’on cache nos douleurs sous le tapis. On préfère oublier plutôt que soigner.
Parce que tout va trop vite, et qu’on n’a plus le temps de prendre le temps.
Moi, je parle de ce que je connais. Je ne prétends pas détenir la vérité.
Mais j’ai une chose à vous dire : c’est possible de changer.
Après plusieurs semaines à apprendre à vous connaître, retournez devant le miroir.
Vous verrez : quelque chose a bougé. Vous serez plus solide.
Voudriez-vous vivre en couple avec une personne que vous ne connaissez pas ?
Alors imaginez être enfermé à l’intérieur de vous-même, sans vous connaître…
La vie n’est pas une fête constante. C’est l’équilibre qui crée la richesse.
Et apprendre à se connaître fait intégralement partie de cet équilibre.
Couper la routine m’a sauvé.
Accepter mes faiblesses m’a transformé.
On dit que la routine tue le couple — c’est vrai.
Mais ne pas prendre soin de soi est la pire des négligences.
Pourquoi est-ce si dur d’admettre qu’on est faible parfois ?
À cause de l’égo. Cet orgueil qui nous fait croire qu’on peut tout.
Mais l’égo déforme, exagère, empêche l’humilité.
Et l’humilité… c’est la clé.
Quand j’ai arrêté de fumer dans les années 90, j’ai d’abord accepté que la cigarette était plus forte que moi. Ce n’est qu’à partir de là que j’ai pu mettre en place une stratégie.
Ce n’était pas de la faiblesse. C’était de l’acceptation lucide.
Et ça… c’est de la force.
L’égo nous empêche souvent de demander de l’aide.
Il nous pousse à jouer un rôle.
Mais la vraie victoire, ce n’est pas de paraître fort.
C’est de reconnaître nos limites et d’agir avec clarté.
Chez les AA, ils l’ont bien compris : le jour où tu admets ton impuissance face à une dépendance, tu viens de faire un pas immense. La volonté, la vraie, commence par là.
Un de mes oncles m’a dit un jour :
« Sois toujours certain de ta source avant d’ouvrir la bouche. Ta parole est le reflet de ta conscience. Dire des balivernes te discrédite. »
Il avait raison.
J’ai mis du temps à le comprendre.
Et je m’excuse auprès de ceux qui, à une époque, ont dû m’écouter faire semblant, juste pour bien paraître.
Aujourd’hui, j’ai perdu des combats. J’en ai gagné aussi. Mais tous m’ont laissé des traces. Et ces traces, c’est ce qu’on appelle de l’expérience. Et l’expérience, elle mène à la conscience.
Je suis un homme intense. Un chercheur de vérité. Curieux. Rempli d’amour.
Et j’aime échanger, parce que je crois qu’on apprend ensemble.
Dans un monde idéal, je me connecterais à mon corps subtil. Je ressentirais la vie au-delà de la mienne. Et dans ce silence, je goûterais la paix. La douleur physique s’effacerait. Et je sentirais que tout, absolument tout, a un sens.
Tout commence par la prise de conscience. Puis la vibration intérieure.
Le cheminement devient instantané. Il n’y a plus besoin de penser, juste d’être.
L’égo n’existe pas dans la conscience.
Mais il règne sur notre mental inférieur.
Alors si vous avez un combat à mener… Utilisez votre mental supérieur.
Faites de la place à la conscience. Et gagnez.
Tout commence par l’acceptation de nos faiblesses.
Ce n’est pas une défaite. C’est un acte de grandeur.
Et vous ? Êtes-vous prêt à vous voir tel que vous êtes — cicatrices, bourrelets, écorchures et tout — mais aussi avec vos forces ? Vos beautés ? Votre lumière ?
Regardez-vous dans le miroir.
C’est un bon début.
